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Tracts, affiches et crieurs publics : autant de moyens de propagande aujourd’hui détrônés par Internet. Cette nouvelle mondialisation connectée permet aujourd’hui la diffusion rapide d’informations… efficace pour toucher un maximum de personnes !

Ces dernières années, aux vues des événements dramatiques ayant eu lieu à travers le monde, la promotion du terrorisme fait parler d’elle. Pour propager leurs idées, les extrémistes ont un bon filon : les réseaux sociaux. Celui-ci est un excellent moyen pour convaincre, rassembler, et même recruter des internautes aux quatre coins du monde. Les partisans de l’Etat Islamique en sont l’exemple le plus récent : les plateformes sont utilisées avec dextérité afin de recruter et même récolter des dons financiers.

Afin de toucher un maximum de personnes, les publications, photos et vidéos publiées par l’Etat Islamique sont accompagnées de hashtags, parfois n’ayant aucun rapport avec le contenu, mais très utilisés, comme par exemple #Iphone6. Ainsi, on peut sans le vouloir, facilement tomber sur des contenus de propagande de groupes terroristes.
Marc Hecker, chercheur à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), a livré ses impressions quant à la communication web de Daesh :

« La communication de Daesh est plus évoluée et son flot semble intarissable. Les volumes de communication sont beaucoup plus importants et la manière dont l’EI utilise les réseaux sociaux est réellement innovante. Dans le monde anglo-saxon, on estime que le rôle de Twitter est primordial. D’après une récente étude d’un think tank américain, on compterait près de 50 000 comptes liés à Daesh sur Twitter. En France, s’agissant des départs vers la Syrie, le rôle de Facebook est très important. L’utilisation de ces réseaux par les djihadistes n’est pas un hasard : c’est par eux qu’ils sont en mesure de toucher la jeunesse des pays occidentaux. »

Un excellent article de Sciences et Avenir explique les 4 phases du recrutement par les réseaux sociaux : vidéos criants au complot, montrant des conditions de vie misérables, et suggèrent « l'existence de sociétés secrètes qui manipulent l'humanité ». De clic en clic, l’internaute, le plus souvent adolescent, « glisse vers des contenus évoquant de plus en plus l'islam présenté comme le seul recours contre ce Mal ». Parallèlement aux vidéos publiées sur Youtube, des groupes Facebook existent. Ils permettent aux recruteurs d’entrer en contact avec les jeunes. Ainsi, selon le profil de chacun, les propos tenus s’adaptent : "Par exemple, les filles qui indiquent sur leur profil Facebook leur volonté de s'engager pour des causes humanitaires, pour aider ou soigner les autres, sont repérées et abordées sous cet angle altruiste" raconte Dounia Bouzar. Les conversations sont entretenues quotidiennement dans un cadre « chaleureux », afin que les jeunes se sentent entourés. Puis, les phases de « déconstruction », de « reconstruction », puis de « renforcement », visant à initier les jeunes à la conversion, jusqu’à parvenir à celle-ci. Ce matraquage quotidien a donc pour but de « réécrire l’histoire et les croyances de la personne », afin de la modeler aux attentes des groupes islamistes.

L’article de Sciences et Avenir : https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/cyber-terrorisme-un-recrutement-en-4-phases_35824